100 voix pour les sans voix

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Et si nous élargissions notre cercle de considération et de compassion à TOUS les êtres sentients ?

J’ai eu le plaisir, parmi 100 personnes, de prêter ma voix à « ceux qui n’en ont pas » pour nous inviter à changer notre regard sur les autres animaux et à nous engager à construire un monde où humains et autres animaux vivraient en paix.

Voir la vidéo ici : LE PLAIDOYER DES 100 VOIX

Le texte du plaidoyer des 100 voix pour les sans voix et la liste des participant·e·s par ordre d’apparition sont également sur www.100voix.org.

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Le texte, écrit par Valéry Giroux, Martin Gibert, Renan Larue et Jihem Doe :

Je n’aime pas qu’on fasse du mal aux animaux. Je n’aime pas qu’on les maltraite. Au contraire, je suis de celles et de ceux qui les ont toujours aimés. De la peluche aux dessins animés, dans les documentaires et les contes pour enfants, des plus sauvages aux plus familiers, dans mes songes comme en chair et en os, les animaux m’ont toujours accompagné·e.

J’ai tant de fois croisé leur regard, entendu leur voix, parfois caressé leur visage et lorsque j’en avais la chance, je les prenais dans mes bras. Les animaux ont toujours fait partie de ma vie. A bien y réfléchir, n’est-ce pas le cas pour la majorité d’entre nous ?

Comme beaucoup, j’ai été confronté·e aux images d’élevages et d’abattoirs diffusées par les associations animalistes. Quel choc ! J’ai vu ce que nous leur faisions subir : j’ai vu la violence, j’ai vu le désespoir, j’ai vu le sang. Aujourd’hui, ces images me hantent. Elles sont ma mauvaise conscience.

Bien sûr, comme tout le monde, j’ai contribué à ces horreurs. Je n’ai pas fait le lien entre mon assiette, mon armoire, mes cosmétiques, mes plaisirs de tous les jours et leur calvaire. Bien sûr, ce n’est pas ce que je voulais, cette souffrance. Mais je ne la voyais pas – ou je refusais de la voir.

J’ai aussi entendu la société répéter sans relâche que tout cela était normal, qu’on a toujours fait comme ça, que c’est l’ordre naturel des choses. On m’a parlé de la tradition, de la prédation, de la chaîne alimentaire, de notre intelligence supérieure.

Mais quel est le poids de ces soit disant arguments face à une question toute simple : est-il encore aujourd’hui nécessaire de tuer les animaux ? de faire souffrir des êtres sensibles lorsqu’on peut facilement l’éviter ?

Les animaux ont des intérêts fondamentaux; des besoins aussi élémentaires que le désir de ne pas être tué, de ne pas être mutilé, de ne pas être privé de sa liberté ou de la présence de ses congénères.

Pourtant, on traite les animaux comme s’ils étaient de simples ressources à notre disposition. On les traite comme des marchandises – qu’on peut acheter et vendre. Ces droits fondamentaux, leur bien-être, leurs préférences, nous les ignorons.

Nous ne sommes pas de la même espèce, mais ce n’est absolument pas une raison pour nier leur importance. Comme nous, les vaches, les cochons, les poules, les oiseaux et les poissons se soucient de ce qui leur arrivent.

Ils prennent des initiatives, se préoccupent de leurs proches, recherchent le confort, ils aiment jouer et relever des défis. Plus la science progresse et plus nous les connaissons, plus il est évident qu’ils ont une personnalité distincte et développent des relations sociales et affectives. Comme nous, ils ressentent et désirent. Comme nous, ils fuient la souffrance et la mort.

Pourtant, chaque année, ce sont plus de 60 milliards d’animaux terrestres qui sont envoyés à l’abattoir. Dans les pays occidentaux, les gens consomment en moyenne de 50 à 100 kg de viande par an et les pays émergents y voient un modèle. Au niveau mondial, chaque année, la consommation de viande continue de croître.

Alors c’est vrai, les animaux sont quelquefois maintenus dans des conditions moins affreuses. Mais ils sont quand même tués. Je trouvais plein de bonnes raisons pour continuer à acheter des produits qui sortaient des abattoirs. Je me disais : “c’est de la viande bio” ou “c’est tellement bon” ou encore “c’est trop compliqué de ne plus en manger”.

Et puis, je me suis récemment rendu compte que tout cela ne faisait pas le poids devant leur vie et leur intérêt à ne pas mourir. Je me suis aussi rendu compte que la pêche, la production de viande, de lait et d’œufs étaient en train de dévaster notre planète. La consommation de ces produits accélère la chute de la biodiversité, détruit la vie des sols, souille nos rivières, assèche les nappes phréatiques et précipite la déforestation. Elle détruit les habitats des animaux sauvages. L’élevage accapare 70% des terres agricoles et émet plus de gaz à effet de serre que tous les moyens de transport réunis.

Et les poissons, ces grands oubliés ? Ce sont eux pourtant qui payent le plus lourd tribut. Nous en tuons 1000 milliards par an et peu à peu les océans se meurent.

En mangeant des animaux, je faisais donc un tort indicible à des êtres sensibles qui sont mes contemporains mais aussi aux générations futures. Je ne veux plus participer à la destruction du monde.

Je ne veux pas penser aux gens de demain et m’imaginer leur dire que j’ai œuvré en toute connaissance de cause à la destruction de leur planète ; que j’y ai participé parce que je n’arrivais pas à me passer de fromage, de saucisse, de foie gras, d’œufs ou de saumon.

Je ne veux pas leur dire que j’ai participé à ce massacre organisé, parce que je n’ai pas su résister à la force de l’habitude, aux sirènes du conformisme ou aux séductions du marketing.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut les changer, nos habitudes. Personne ne dit que c’est facile, mais nous ne sommes pas des gens exceptionnels. Nous sommes votre collègue ou votre voisin·e, votre ami·e de toujours ou l’aîné·e de vos enfants.

Si nous sommes véganes ou en passe de le devenir, c’est probablement que vous le pouvez aussi. Vous pouvez essayer. Vous pouvez réessayer. Vous pouvez mettre vos actes en accord avec vos valeurs. Nous pouvons tous faire mieux pour aimer et respecter les animaux.

On peut en finir avec l’exploitation animale. Et on peut le faire parce que nous ne sommes pas seuls. Nous sommes un mouvement. Nous sommes une force sociale et politique qui ne cesse de grandir. Et nous allons grandir encore quand vous nous rejoindrez.

Nous n’avons pas la même culture, pas la même couleur de peau, pas la même religion. Nous ne vivons pas dans les mêmes pays, pas dans les mêmes quartiers. Mais ensemble, nous voulons la justice pour tout le monde : pour les humains et pour les animaux, pour les personnes d’aujourd’hui et pour celles de demain.

Nous avons confiance dans l’avenir. Une révolution non-violente est en train de se produire.

Nous sommes fiers et heureux·se·s d’en faire partie.

4 commentaires sur “100 voix pour les sans voix

  1. Bonjour,

    Très beau texte. Des mots simples, des images fortes qui parleront à tout le monde (ou presque…).

    Et merci pour la police en gros caractères à destination des personnes mal-voyantes.

    Je souhaitais savoir si je pouvais utiliser ce texte pour déclamation dans des lieux publics (en citant évidemment la source).

    Cordialement,

    Pascaline

    J'aime

    1. Bonjour Pascaline,

      Merci pour votre message ! Ce plaidoyer a pour but d’être diffusé au plus grand nombre ; vous pouvez donc, bien sûr, lire ce texte dans les lieux publics pour sensibiliser les personnes que vous croiserez. C’est une belle démarche.

      Cordialement,
      F.D.

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