INTERVIEW. Antispécisme : « L’idée n’est pas de dire qu’un ver de terre = une poule = un être humain »

Si l’antispécisme fait couler beaucoup d’encre, il est encore souvent caricaturé. Florence Dellerie, militante, démêle le vrai du faux.

« L’antispécisme, c’est un truc de bobos déconnectés de la nature »« les antispécistes nient les différences entre les humains et les animaux et voudraient qu’on traite toutes les espèces de la même manière »« si l’on écoutait les véganes, on n’aurait plus aucun lien avec les animaux »… Combien de fois avez-vous entendu (ou prononcé) ces mots ? De plus en plus présent dans le débat public, l’antispécisme est un sujet qui fâche autant qu’il déchaîne les passions. Mais le comprend-on réellement ? Décryptage.

Florence Dellerie est illustratrice scientifique de métier (spécialisée dans les illustrations de sciences naturelles). Lorsqu’elle n’illustre pas des livres, des articles de presse ou des visuels pour des associations de protection de l’environnement, c’est par les mots qu’elle aime s’exprimer. Ses sujets de prédilection ? L’esprit critique et l’éthique animale, qu’elle vulgarise notamment via son site Questions animalistes.

Végane depuis 2015, elle se considère également comme antispéciste. Une thématique qu’elle a largement eu l’occasion d’aborder à travers ses fiches pratiques « idées reçues », de courtes fiches de synthèse pour répondre de manière factuelle, bienveillante et argumentée aux préjugés liés aux droits animaux et humains. Il faut dire que lorsque l’on aborde le sujet, les clichés ne manquent pas… Qu’est-ce que l’antispécisme ? Quelles différences entre antispécisme, véganisme et animalisme ? Qu’est-ce que la sentience ? Où en est-on de notre rapport aux autres animaux ? Rencontre.

L’antispécisme s’oppose par définition au « spécisme ». Qu’est-ce que le spécisme ?

Florence Dellerie – Le spécisme est la doctrine selon laquelle il est pertinent de discriminer selon l’espèce. Le terme s’est construit par analogie avec le racisme ou le sexisme (qui discriminent selon l’origine ou la couleur de peau et le sexe ou le genre).

Cela induit une hiérarchie. Lorsque l’on est spéciste, on place Homo Sapiens tout en haut de la pyramide et on néglige les intérêts de toutes les autres espèces animales, souvent regroupées en un seul bloc (« les animaux »). Au lieu de considérer les intérêts d’un individu, sa capacité à souffrir, à ressentir du stress, de l’angoisse ou du plaisir, on va se dire que s’il appartient à telle espèce, on peut l’enfermer, le mutiler ou le tuer. Cela conduit aux traitements que l’on connaît actuellement pour la plupart des animaux : exploités et abattus dans des élevages, utilisés comme moyens de divertissement (cirque, corrida, zoo…), utilisés pour nos vêtements (cuir, laine…), etc.

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