Insectes

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Quel est le problème avec l’élevage d’insectes pour la consommation ?

1 – De quoi parle-t-on ?

Les humains mangent des insectes depuis des dizaines de milliers d’années. Dans beaucoup de pays, il s’agit d’une pratique courante. Dans d’autres, elle suscite plutôt le dégoût. Récemment, des entreprises ont investi dans l’exploitation d’insectes (“entomoculture”), en la présentant notamment comme une source de “protéines alternatives à la viande, éthique et durable” pour l’alimentation humaine et animale. Ces affirmations sont à nuancer.

2 – Les insectes exploités en élevage sont sentients

Des études récentes montrent que de nombreux insectes ressentent des expériences subjectives, notamment la douleur (Gibbons et al., 2022). Ces observations concernent, entre autres, les diptères (mouches…), les orthoptères (criquets, grillons…) et les coléoptères (ténébrions…) couramment exploités et mis à mort en entomoculture.

Cela pose d’autant plus problème que, pour obtenir une quantité égale de chair ou de protéines, les très petits animaux doivent être exploités et tués dans des proportions beaucoup plus élevées que les grands.

On estime que 1 000 à 1 200 milliards d’insectes sont exploités dans les fermes d’entomoculture chaque année dans le monde (Rethink Priorities, 2020), un chiffre qui pourrait exploser si la filière devait se développer.

3 – Cette pratique entretient le spécisme

L’utilisation d’animaux pour la production de nourriture entretient une vision spéciste du monde, dans laquelle les intérêts des animaux non-humains sont systématiquement bafoués au profit des intérêts humains. Cette vision produit des effets délétères sur l’ensemble des animaux, humains compris.

4 – Les arguments écologistes ne tiennent pas

L’un des arguments-phares utilisés en faveur de l’entomoculture est celui des bénéfices environnementaux. Or, des études montrent qu’ils sont sur-estimés (Biteau et al., 2025). Leur empreinte environnementale est jugée bonne notamment parce qu’elle est comparée à celle de l’élevage bovin (l’une des pires qui soient) et non aux protéines végétales, en moyenne bien plus durables.

Par ailleurs, ces produits sont présentés comme des alternatives écologiques à la viande, ce qui est globalement faux : 90 % d’entre eux n’en sont pas et prennent plutôt la forme de snacks, barres protéinées, etc. destinés au marché européen (IPIFF, 2020).

SOURCES & INFOS COMPLÉMENTAIRES

– Gibbons et al., Can insects feel pain? A review of the neural and behavioural evidence, Advances in Insect Physiology, Academic Press, Volume 63, 2022, Pages 155-229

– Gautier Riberolles, Les insectes sont-ils sentients ?, LFDA, 2023

ONEI – Observatoire national de l’élevage d’insectes

– Kimberly Costello, Gordon Hodson, Implications psychologiques de la dévalorisation des animaux : idéologies fondées sur la dominance et systèmes d’oppression, L’Amorce, 2025

L’impact environnemental de l’entomoculture est sous-évalué (Biteau et al., 2025)

Il est improbable que les aliments à base d’insectes remplacent la viande (Biteau et al., 2025)

– 90 % des produits à base d’insectes ne sont en fait pas des substituts à la viande. IPIFF, Edible Insects on the European Market. IPIFF, Brussels, Belgium. 2020