Je te connais donc je te tue

Lorsqu’on défend les intérêts des autres animaux, il est fréquent de s’entendre dire que nos arguments seraient sans valeur, au motif qu’on est certainement “un bobo citadin qui ne comprend rien à l’élevage” ou que “ne sachant pas distinguer une perdrix rouge d’une bartavelle, on n’a aucune légitimité à critiquer la chasse”. Bref, qu’on n’aurait pas les connaissances nécessaires pour juger du sujet.

La porte-parole du Parti Animaliste Muriel Fusi en fait les frais en début d’année 2021 : lorsqu’elle publie un tweet dénonçant l’élevage, chaque année en France, de 15 millions de faisans destinés à être chassés ensuite, elle l’illustre avec la photo d’une perdrix (1). Bien que cette erreur soit sans incidence sur le fond de son propos, la réaction du milieu de la chasse ne se fait pas attendre : le tweet est massivement diffusé dans l’objectif de la discréditer et de disqualifier les positions animalistes dans leur ensemble.

On notera le paradoxe consistant à se ruer sur cette confusion et à défendre, dans le même temps, ses camarades de chasse ayant confondu une perdrix grise avec une poule faisane, ou un sanglier avec un cycliste. Le même double standard s’est manifesté lorsque Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, a posté sur Facebook en septembre 2020 la photo d’un “exceptionnel pied d’orchidées sauvages dans un superbe territoire entretenu par les chasseurs”, qui s’est avéré être un banal pois de senteur, ce qui n’a pas pour autant éveillé l’indignation des chasseurs.

La thèse défendue est la suivante : les personnes qui ne pratiquent ni l’élevage, ni la chasse, ni la pêche ou celles qui n’ont jamais assisté à une corrida, par exemple, ne seraient pas légitimes pour critiquer ces pratiques puisque cela reviendrait pour elles à parler sans savoir. Connaître certains détails techniques de ces pratiques et quelques aspects des animaux concernés par elles serait donc nécessaire et suffisant pour accepter moralement l’exploitation, l’utilisation, la traque et/ou la mise à mort de ces mêmes animaux. Je te connais donc je te tue.

Pourtant, en premier lieu, rien ne permet d’affirmer que les personnes qui défendent les intérêts des autres animaux connaissent moins bien les individus qu’elles défendent que les personnes qui les exploitent. L’argument… Lire la suite sur Savoir-Animal.fr

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