Argument du « c’est dégueu »

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Pourquoi l’argument du « c’est dégueu » est-il contre-productif ?

1 – Remise en contexte

Nous pouvons parfois penser que tous les moyens sont bons pour défendre une cause qui nous tient à cœur. Certaines personnes luttant en faveur des droits des animaux utilisent donc régulièrement un argument qui consiste à dire que consommer tel ou tel produit d’origine animale est “écœurant”, dans le but de dissuader leurs interlocuteur·rices de consommer ces produits.

Par exemple : « les œufs que tu manges, ce sont les menstruations des poules » ; « ton miel, c’est du vomi d’abeille » ; « les huîtres ressemblent à des glaires » ; « comment peux-tu manger des agneaux et des veaux, ce sont des bébés ! » ; « le lait de vache est rempli de pus et de sang », etc.

2 – Les êtres humains acceptent toutes sortes de choses

Or, il faut reconnaître que les êtres humains ont développé une certaine propension à consommer des produits que l’on pourrait juger, selon certains critères, écœurants ou repoussants.

Par exemple, sur le plan alimentaire : intestins remplis de sang de cochon (« boudin ») ; fromages infestés de larves vivantes (« casu marzu ») ; cerveaux d’agneaux, de singe ou de veau ; langue de vache ; sperme de morue (« shirako ») ; testicules de coqs ; tubes digestifs de cochons remplis de chair de veau (« andouillette ») ; pieds de cochons ; insectes écrasés (« cochenilles ») ; lait maternel de brebis caillé parsemé de moisissures (« roquefort »), etc.

Il en va de même sur d’autres plans, certains êtres humains n’hésitant pas à se vêtir de fourrure d’agneau mort-né (« Astrakan moiré »).

Il existe par ailleurs une grande variation quant à ce qui est considéré comme « attirant » ou « repoussant », selon les cultures. Et la plupart du temps, dans chaque région du monde concernée, les produits cités ci-dessus sont rares, chers, et considérés comme exceptionnels et particulièrement raffinés. Miser sur le dégoût est donc peu pertinent.

3 – La lutte pour les droits des animaux ne se joue pas sur ce terrain

La question du goût et du dégoût sont hors-sujet en ce qui concerne les droits des animaux. Les droits fondamentaux d’un être ne doivent pas être examinés en fonction du goût ou du dégoût qu’il nous inspire, mais au regard de son intérêt à vivre, à ne pas souffrir et à pouvoir disposer de lui-même.

Appétissants ou non, les animaux ne devraient pas être considérés comme des biens, des ressources ou des marchandises. Exigeons la fin de leur exploitation et de leur mise à mort.