Que signifie le terme « sentience » ?

Fiche info : Lexique - Que signifie le terme "sentience" ? - Florence Dellerie

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Que signifie le terme « sentience » ?

> Du latin sentio, sentis : “percevoir par les sens”
> Se prononce “sent / ti / en / ce”

La sentience est la capacité à avoir une vie mentale et à éprouver des expériences subjectives (également appelées “qualia”). Cette notion désigne le fait que certains êtres vivants ont des perceptions, des émotions, des buts et une volonté qui leur sont propres. Les êtres sentients sont capables de ressentir diverses émotions : envie, frustration, joie, peur, satisfaction, colère, tristesse…

Beaucoup d’animaux sont sentients : chevaux, cochons, crabes, dauphins, dindes, êtres humains, lapins, moutons, pieuvres, poissons, poules, serpents, vaches… Pour d’autres, le doute demeure car ils ne disposent pas forcément du matériel biologique (cerveau, système nerveux…) nécessaire.

L’adjectif “sentient” est plus précis que le terme “sensible” qui peut ne désigner que le fait d’être susceptible de réagir à un stimulus extérieur (on parle d’“ouïe sensible” ou de “surface sensible”, par exemple) ; ou encore évoquer une certaine forme d’émotivité.

La sentience implique que les êtres sentients ont un intérêt à vivre, à rechercher le plaisir, à préserver leur intégrité physique et à ne pas souffrir. Dans le domaine de l’éthique, le concept de sentience est donc capital : c’est sur ce critère que se base le principe de considération morale.

En 1789, le philosophe Jérémy Bentham expose ce principe dans “An Introduction to Principles of Morals and Legislation” (”Introduction aux principes de morale et de législation”), avec cette célèbre proposition qui évoque les animaux : “La question n’est pas “peuvent-ils raisonner ?”, ni “peuvent-ils parler ?”, mais “peuvent-ils souffrir ?”

Des neuroscientifiques signent, en 2012, la Déclaration de Cambridge sur la Conscience (Cambridge Declaration on Consciousness), énonçant : “la force des preuves nous amène à conclure que les humains ne sont pas seuls à posséder les substrats neurologiques de la conscience.”

Attention : Ce type de fiche se veut synthétique et constitue une toute première approche de termes souvent abordés dans le domaine de l’éthique animale, grâce à des définitions simples. Chacune de ces notions mérite d’être approfondie pour mieux en cerner les implications.