Véganes, non véganes : et si on arrêtait d’instrumentaliser les drames ?

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Photo d’illustration – © domaine public

Un certain nombre de personnes végétariennes, véganes et/ou antispécistes partagent ces derniers jours un article de presse faisant état de la mort d’un enfant de 6 ans, décédé « après avoir mangé un steak haché mal cuit »* ; en accompagnant parfois cette diffusion de réactions rigolardes, moqueuses ou sarcastiques. On a assisté aux mêmes réactions en 2017 avec l’histoire du petit Nolan, 8 ans, devenu handicapé à 80% après avoir consommé un steak haché : commentaires accusant les parents de « maltraitance », remarques telles que « comme quoi c’est pas le véganisme qui est dangereux ! », rires, etc.

Et c’est extrêmement dérangeant.

On dénonce souvent, en tant qu’antispécistes, l’instrumentalisation médiatique des décès d’enfants imputés de façon tout à fait fallacieuse et abusive au végétalisme ou au véganisme. Il paraît souhaitable et juste, de la même façon, de ne pas instrumentaliser les décès provoqués par l’ingestion de produits d’origine animale dans la perspective de critiquer la consommation de ces derniers.

Il est bon de reconnaître que le traitement médiatique de ces drames, lorsqu’ils sont associés maladroitement (ou à dessein) au végétalisme ou au véganisme, sont malvenus et participent à renforcer une position anti-végane souvent simpliste et toujours délétère. Il est judicieux de souligner leur traitement très inégal dans les médias. Mais il faut aussi dire que les décès d’enfants ayant ingéré de la chair animale mal cuite ou contaminée ne sont ni drôles, ni souhaitables, ni constitutifs d’une quelconque « maltraitance ». Ils sont le fruit d’un manque de chance, ou de l’ignorance, ou de la croyance en la nécessité de consommer de la chair ; parfois de tout cela à la fois. Mais ils ne peuvent à aucun moment prêter à rire ou servir de raison valide au boycott de la consommation de produits d’origine animale.

Ce sont juste des drames terribles dont la récupération nuit au débat public sur la question animale, détourne les questions éthiques qui y sont liées et fait accessoirement passer les personnes véganes pour de détestables misanthropes.

Combattre les amalgames, les fausses informations et les généralisations abusives doit se faire dans les deux sens. Sinon, on appelle cela hypocrisie ou mauvaise foi.

—–
*Il faut noter qu’à l’heure où ont été rédigés tous ces articles aux titres « pousse-au-clic », aucune causalité n’a été établie avec certitude entre la consommation de ce steak et le décès de l’enfant. L’influence des biais de confirmation, ces mécanismes nous poussant à accorder davantage de crédibilité aux faits qui renforcent une position que l’on a déjà adoptée ; est ici flagrante. Un peu d’esprit critique ne nuirait pas !

3 commentaires sur “Véganes, non véganes : et si on arrêtait d’instrumentaliser les drames ?

  1. Les veganes devraient peut-etre arreter de penser que l’humanite se divise en veganes et non-veganes. Sinon, en effet c’est malhonnete quand les journaux pretendent que quelqu’un qui suit tout un tas de charlatanismes est vegane et malade parce que vegane.

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