Consommation « bio » et véganisme

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Pourquoi consommer “bio” et être végane sont deux choses différentes ?

1 – Définition du véganisme

Le véganisme est le refus de consommer des animaux ou le produit de leur exploitation, qu’il s’agisse de biens (alimentation, vêtements, produits d’entretien testés…) ou de services (zoos, cirques avec animaux, corridas, équitation, etc.).

2 – L’agriculture “bio” exploite aussi les animaux

L’agriculture biologique est un mode de production qui exclut les produits chimiques de synthèse, les organismes génétiquement modifiés, l’irradiation, etc. Mais ce mode de production n’exclut pas le recours à l’exploitation animale directe, ou à l’utilisation de produits issus de l’exploitation animale.

Tous les animaux exploités pour leur chair, leurs organes, leur lait, leur œufs ou autres, peuvent être certifiés “bio” s’ils ont été nourris avec des aliments spécifiques, et que les exploitations remplissent un certain cahier des charges. Manger un cadavre, même certifié “bio”, est bien entendu parfaitement incompatible avec le véganisme. Certains produits issus de l’exploitation animale peuvent aussi être “bio” : laine, miel, cuir, lait, etc.

L’agriculture biologique emploie également des produits issus des abattoirs et autres morceaux d’animaux comme engrais : poudre d’os, corne broyée, farine d’arêtes de poissons, sang séché, etc. ; ainsi que des arthropodes (chrysopes, trichogrammes, coccinelles…) vendus en sachets et utilisés comme auxiliaires.

Contrairement aux idées reçues, l’agriculture biologique utilise aussi des pesticides. “Naturels”, certes, mais qui sont tout de même destinés à tuer. De nombreux animaux peuvent ainsi être tués volontairement, par divers procédés : coupelle remplie de bière pour noyer les limaces, granulés à base de phosphate ferrique qui tuent les escargots et limaces par déshydratation, pièges à phéromones, pièges à glu, virus, etc. L’agriculture biologique n’a donc pas plus de rapport avec le véganisme que les autres modes de culture.

3 – Les produits “bio” sont souvent difficilement accessibles

Beaucoup de personnes véganes tentent, en plus de refuser l’exploitation des animaux, de réduire leur impact sur l’environnement. Elles considèrent donc l’agriculture biologique comme une bonne chose. Mais ces produits sont la plupart du temps bien plus chers que les autres, et par conséquents inaccessibles à beaucoup de personnes. Dans ce domaine, chacun·e fait donc comme elle ou il peut. Les injonctions à consommer ce type de produit, adressées aux véganes, ne sont pas pertinentes.

Consommer des produits issus de l’agriculture biologique n’a pas de lien avec le refus de l’exploitation des animaux.